LANGUES RÉGIONALES

L’alsacien ne peut plus être sauvé sans immersion précoce.

Les 22 et 23 octobre 2010, à l’occasion d’un colloque à Mulhouse sur l’enseignement immersif coorganisé par ABCM zweisprachigkeit et l’Institut Supérieur des Langues de la Republique francaise (ISLRF) (1), Mmes Karine Sarbacher, Présidente d’Abcm Zweisprcahigkeit et Pascale Lux, vice-présidente insistent : « Pour nous l’immersion telle que pratiquée depuis 1979 pour le basque, le breton, le catalan et l’occitan a toujours été un modèle (…) Avec la parité, insiste les représentantes de l’école associatives alsacienne, on n’y arrive plus en 2010, car les enfants sont quasiment tous monolingues en arrivant à l’école ».  Sur le même ton, au mois de décembre 2010, le fondateur des classes bilingues alsaciennes, M. Richard Weiss, fait le me constat dans la publication Land un Sproch 176 : « Passer a l’immersion en langue régionale en maternelle est indispensable » .

Les Québécois nous l’on démontré depuis les années soixante, les Catalans et les Gallois depuis plus récemment. la langue minoritaire ou régionale ne peut plus être sauvée sans immersion totale.  Les Israéliens nous ont même montré que l’on pouvait faire renaître une langue morte grâce au principe de l’immersion totale en maternelle.

Ailleurs, cette immersion totale dans la langue dite minoritaire est la condition sine qua non a l’émergence d’un réel multilinguisme nationale.  La Suisse assure un enseignement immersif en français pour 1,8 millions de francophones.  La Finlande assure depuis 1921 un cursus d’enseignement complet en suédois alors même que les suédophones représentent moins de 6% de la population. En pratique, une bonne partie de la population finlandaise grâce à cette incitation devenue bilingue.  En 1962, au Pays de galles, l’Education nationale a lancé un enseignement entièrement en langue galloise qui touche aujourd’hui près d’un tiers des élèves. Depuis l’adoption de la constitution espagnole de 1978, des cycles complets d’enseignements sont organisés en catalan, basque et galicien et depuis peu aussi, la Slovénie garantit l’enseignement immersif du hongrois dès la maternelle dans les zones correspondante…sans oublier le lancement de l’immersion en français lancé fin des années soixante au Québec et qui a permis d’y sauver la langue française.

Le rapport 2005 de l’ONU sur  l’importance de l’immersion en langue minoritaire

Cet enseignement immersif dans la langue minoritaire a fait l’objet d’un rapport sans précédent des Nations Unies -Rapport du Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC) –  du 7 mars 2005 : celui-ci s’appuyant sur des expériences menées sur les cinq continent touchant des centaines de milliers d’élèves minoritaires conclut que l’enseignement bilingue utilisant essentiellement la langue maternelle comme vecteur produit des résultats supérieurs à toutes les autres méthodes d’enseignement, s’agissant de l’alphabétisation et de l’acquisition de connaissances en général, et favorise « l’épanouissement de l’enfant et le développement de ses dons et de ses aptitudes mentales et physiques, dans toute la mesure de leurs potentialités ».

Ce rapport démontre aussi que l’enseignement dispensé dans la langue nationale dominante est en « complète contradiction » avec les théories concernant les meilleurs moyens pour atteindre les objectifs que vise une bonne éducation, ce que confirment les résultats de enquêtes effectuées dans ce domaine, et avec le droit à l’éducation. Le mode d’éducation actuel porte atteinte en outre au droit qu’ont les parents de transmettre leurs propres valeurs, y compris leur propre langue, aux générations suivantes. Le rapport recommande aux gouvernements que tous les programmes d’enseignement pour les enfants de minorités linguistiques soient fondés sur les résultats des travaux de recherche sérieux menés pendant de nombreuses années, selon lesquels.

L’immersion : gardien du dialecte

L’enseignement immersif en dialecte n’est plus au stade de l’expérience. Il est la règle pour quatre millions de Suisses alémaniques et 400 000 dialectophones d’expression francique (proche du dialecte mosellan) au Luxembourg. Ces  deux pays dont le système d’éducation est immersif dans nos dialectes, sont aussi les deux pays qui produisent le plus de richesses (PIB) par tête d’habitants.  Il y a donc un lien statistique et scientifiquement démontrable entre l’enseignement immersif en alsacien, en Alsace comme en Moselle, et la future compétitivité de l’Est de la France.

300 000 germanophones du Tyrol du sud –véritable Alsace de l’Italie – bénéficient aujourd’hui d’un réseau d’écoles en langue allemande de la maternelle au secondaire….Avec l’affirmation de ce bilinguisme germano-italien, le Sud-Tyrol est devenu aujourd’hui le territoire italien produisant le plus de PIB par habitant…..pendant ce temps l’Alsace se « monolinguise » et les indicateurs économiques se font la malle…

A New York, les minoritaires francophones comptent sur l’immersion aussi

Le 22 février 2011, le journal francophone new-yorkais en ligne « French Morning » s’intéresse aux préoccupations des parents francophones, face à l’omniprésence de la langue française. L’article intitulé « Français, anglais, franglais: le langage des familles bilingues », s’appuie sur un interview la linguiste Elisabeth Guedel Treussard qui explique que ses recherches montrent que les enfants choisissent de parler les 2 langues ensemble ou de les mixer, de changer de langue en fonction des sujets ou au sein même d’une phrase, ce qui est un bon moyen de maintenir le bilinguisme ». Mes recherches montrent que, dès l’entrée de l’enfant à l’école, les parents ont moins d’influence sur le choix de la langue de leur enfant et l’une des langues parentales peut être éclipsée au profit de la langue parlée à l’école ou dans le pays d’habitation » ajoute-t-elle .

(1) L’Institut de Béziers, a été créé par le Ministère de l’Education nationale en 1997 afin de recruter, former et suivre les enseignants des écoles associatives en langues régionales. C’est aujourd’hui le seul centre pédagogique en Europe à former des enseignants parlant 6 langues différentes, travaillant avec 12 rectorats, 25 inspections académiques…en Alsace-Moselle, Bretagne, Catalogne, Pays basque et l’Occitane. Sa devise « Ni publique, ni privée, ni religieuse, ni monolingue »

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