PSYCHANALYE

Tu es un Alsacien si tu as lu ce livre ! 🙂

Psychanalyse de l’Alsace, du PAsteur Hoffet, 1951

Depuis sa parution en 1951, l’ouvrage de Frédéric Hoffet connaît un retentissement considérable. Plus de cinquante ans après, Psychanalyse de l’Alsace reste une référence. Quand une personne venant du reste de la France s’installe en Alsace, il est fréquent qu’un collègue ou un ami alsacien lui suggère de le lire : « vous comprendrez mieux où vous mettez les pieds ».

Au sortir de la guerre, l’opinion publique alsacienne était traumatisée par ce qu’elle venait de vivre. Il y avait une sorte de honte à être Alsacien, à affirmer une identité aux racines germaniques.  L’intelligence de Frédéric Hoffet fut de « décomplexer » les Alsaciens. Non, il n’y avait pas de honte à avoir des cousins allemands, à parler un dialecte germanique, à contester l’absurde centralisation parisienne. Etre Alsacien, de double tradition, de double culture, cela n’était pas une tare mais pouvait devenir une richesse et un atout pour l’avenir. Cette réédition prend un relief et un intérêt supplémentaires avec la préface de l’écrivain Martin Graff et la postface du président du conseil régional d’Alsace, Adrien Zeller. Ces deux voix différentes apportent la touche d’actualité et d’ouverture qui s’imposait et enrichissent de façon pertinente cet ouvrage.

Extraits choisis :

 

PSYCHANALYSE DE LALSACE

« L’Alsacien s’aveugle systématiquement. Sa psychologie tout entière dominée par cette « grande peur d’être ce qu’il est » (…) Il cessera ainsi de confondre de qu’il est avec ce qu’il voudrait être. Il reconnaîtra sans honte que son tempérament est germanique, que sa sensibilité et son intelligence ne le sont guère moins et que certains de ses traits, qu’il pare de nom de vertus, comme l’amour, de l’ordre et de la discipline, ressortissent à une tradition qui n’a rien de français. (…) Quand il aura ainsi acquis une connaissance entière de sa dualité et des conséquences qu’elle entraîne, il remportera la grande victoire sans laquelle il est voué à un éternel déséquilibre : la victoire sur la peur. (…) Libéré de sa peur, l’Alsacien retrouvera la capacité de juger. Il distinguera enfin ce qui est politique de ce qui ne l’est pas. Son esprit sera affranchi, sa sensibilité s’épanouira.  Il perdra cette prudence maladive, cette obséquiosité pédante qui étouffe si souvent son esprit. Il verra loin et haut. Les problèmes de la politique alsacienne prendront pour lui un autre aspect. Les mots de patriote et d’autonomiste, de francophile et de germanophile changeront de signification. Il cessera de classer ses semblables dans l’une ou l’autre catégorie.

« Il est curieux de constater que l’évolution de la psychologie ne semble pas, jusqu’ici, avoir profité à la politique. Et pourtant la matière de la politique est celle-là même dont traite le psychologue. Le psychologue cherche à connaître l’homme. Le politique cherche à assurer son bonheur : il devrait s’instruire auprès de celui-là. À part quelques timides essais aux États-Unis, où l’on m’assure que le Département d’État serait, dans certaines circonstances, conseillé par un comité de psychanalystes, je n’ai jamais entendu dire qu’il en ait été ainsi.

Le politique cependant agit en vertu de jugements qui sont de pure psychologie. Quand, par exemple, il prend des mesures destinées à arrêter la poussée d’un parti nouveau, il suppose que celles-ci agiront dans un certain sens sur l’esprit des populations. Il fait ainsi un raisonnement de nature psychologique. Certes, chez de grands hommes d’État, une intuition qui tient du génie, supplée à l’ignorance. Ils sentent ce qu’ils devraient savoir. Mais l’intuition n’est donnée qu’à quelques hommes supérieurs.
Nos politiques se fondent sur une psychologie qui n’est guère plus évoluée que ne l’était par exemple la phtisiologie lorsque l’on ignorait l’existence du bacille de Koch, ou la botanique et la zoologie lorsqu’on se contentait de classer les espèces. Mais de même que Koch a bouleversé la phtisiologie par la découverte du bacille qui porte son nom, Freud et ses successeurs ont bouleversé la psychologie. Il ne leur suffit plus d’énumérer les caractères et les tempéraments. Ils les expliquent. Cet homme rempli de lui-même n’est plus pour eux un orgueilleux. C’est un faible qui « compense » le sentiment de sa faiblesse par ses airs importants, et ce timide n’est autre chose qu’un « masochiste » qui recherche dans l’humiliation des jouissances qu’il affectionne. Comme la médecine la psychologie a dépassé le stade des classifications. Elle regarde derrière les phénomènes, elle explique. Elle a découvert l’inconscient »

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